Intelligence artificielle et humanitaire : comment cette révolution technologique transforme-t-elle le monde du travail et fait-elle évoluer les métiers, les missions de bénévolat et les compétences recherchées dans la solidarité internationale ?

DÉCRYPTAGE · INTELLIGENCE ARTIFICIELLE · SOLIDARITÉ INTERNATIONALE 

Analyse de données, traduction, logistique, éducation ou communication : les outils d’IA peuvent faciliter certaines activités des organisations humanitaires. Cependant, ils soulèvent aussi des questions essentielles concernant la fiabilité des informations, la protection des personnes et la place des relations humaines.

Pour les étudiants, les futurs volontaires et les professionnels du secteur, comprendre ces évolutions permet d’anticiper les compétences à développer et de mieux distinguer les possibilités réelles de l’intelligence artificielle de ses limites.

Ce qui pourrait évoluer

La préparation des projets, certaines tâches administratives, l’analyse documentaire, la traduction et la production de supports pédagogiques.

Ce qui reste indispensable

La connaissance du terrain, l’écoute, les qualifications professionnelles, les décisions responsables et la coopération avec les acteurs locaux.

Intelligence artificielle et humanitaire : ce qu’il faut retenir

Comment l’IA transforme-t-elle l’action humanitaire ?

L’intelligence artificielle peut aider les organisations humanitaires à analyser des informations, préparer des supports éducatifs, faciliter certaines traductions et organiser leurs activités. Elle fait évoluer des tâches liées à la coordination, à l’enseignement, à la communication et à la logistique. Toutefois, elle ne remplace ni les compétences professionnelles, ni la connaissance des réalités locales, ni les relations humaines essentielles à la solidarité internationale.

Les métiers concernés

Coordination, enseignement, communication, logistique, santé et évaluation.

Les opportunités

Faciliter des tâches répétitives et soutenir l’organisation des projets.

Les précautions

Vérifier les résultats, protéger les données et maintenir une supervision humaine.

1. Comment l’intelligence artificielle transforme-t-elle l’action humanitaire ?

Les organisations humanitaires doivent comprendre les besoins des populations, préparer des interventions, coordonner des équipes et suivre les résultats de leurs projets. Ces activités nécessitent du temps, des ressources et une connaissance approfondie du contexte local.

L’intelligence artificielle peut faciliter une partie de ce travail. Cependant, son intérêt dépend de la nature des activités, de la qualité des données disponibles et de la capacité des équipes à interpréter correctement les résultats.

Les principales possibilités offertes par l’IA

Analyse documentaire

Synthétiser des documents, organiser des informations et identifier les points nécessitant une vérification approfondie.

Préparation pédagogique

Proposer des exercices, des activités de formation et des supports à adapter aux besoins des apprenants.

Communication multilingue

Faciliter certaines traductions et préparer des échanges, avec une vérification humaine pour les informations importantes.

De la préparation des projets à l’analyse des besoins

Avant de mettre en place une intervention, une organisation doit identifier les besoins exprimés par les personnes concernées, comprendre les ressources disponibles et définir des objectifs réalistes.

Certains outils peuvent aider à structurer un questionnaire, organiser des données non sensibles ou préparer une grille d’observation. En revanche, ils ne doivent pas remplacer les consultations locales ni servir à imposer des priorités définies à distance.

Cette distinction est essentielle : une analyse technique peut éclairer une décision, mais elle ne suffit pas à déterminer ce qui est pertinent pour une communauté.

Exemple pratique : préparer un atelier éducatif

Une équipe souhaite organiser des activités de français pour des adolescents. Un assistant d’IA peut proposer des exercices de vocabulaire, des dialogues et des jeux de rôle.

L’enseignant local sélectionne ensuite les activités adaptées au niveau des élèves, vérifie les formulations et ajuste les supports. L’outil facilite la préparation, mais la responsabilité pédagogique reste humaine.

Exemple illustratif, et non compte rendu d’une mission Globalong.

Des applications déjà étudiées dans l’aide humanitaire

L’utilisation de technologies d’analyse automatisée dans l’aide humanitaire ne se limite pas à des hypothèses. Plusieurs organisations et réseaux spécialisés étudient ou développent des usages liés à l’analyse des crises, à la gestion des informations et à l’anticipation de certains risques.

Par exemple, le Centre for Humanitarian Data du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) travaille sur les données et leur utilisation responsable dans l’action humanitaire. Ses ressources permettent notamment de comprendre les enjeux de qualité, de protection et d’analyse des informations.

De son côté, le programme alimentaire mondial (PAM) présente des travaux sur l’innovation et l’utilisation de technologies numériques dans ses activités. Ces démarches illustrent les possibilités de la technologie, sans signifier que chaque outil est adapté à toutes les situations humanitaires.

Deux ressources institutionnelles pour approfondir

OCHA — Centre for Humanitarian Data : données, analyse et responsabilité dans l’action humanitaire.

PAM — Innovation Accelerator : présentation des démarches d’innovation du programme alimentaire mondial.

Pourquoi l’IA ne convient-elle pas à toutes les situations ?

Les outils numériques nécessitent parfois une connexion Internet stable, des équipements adaptés et des compétences techniques. Or, ces ressources ne sont pas disponibles partout, notamment dans certains contextes d’intervention isolés.

De plus, un système peut produire des résultats incomplets ou mal interpréter des informations dans une langue peu représentée dans ses données d’entraînement. Il peut aussi sembler fiable tout en proposant une réponse erronée.

Avant toute adoption, une organisation doit donc vérifier que la technologie répond à un besoin concret, que ses résultats peuvent être contrôlés et que son utilisation n’aggrave pas les difficultés existantes.

À retenir

Une innovation n’est pertinente dans l’humanitaire que si elle apporte un bénéfice réel, respecte les personnes concernées et s’inscrit dans une démarche décidée avec les acteurs locaux.

Pour approfondir les enjeux éthiques : l’UNESCO propose une recommandation internationale consacrée à l’intelligence artificielle, aux droits humains, à la transparence et à la responsabilité.

Consulter les recommandations de l’UNESCO

↑ Retour au sommaire

2. Quels métiers humanitaires vont évoluer avec l’intelligence artificielle ?

L’intelligence artificielle peut transformer plusieurs activités professionnelles dans la solidarité internationale. Les fonctions qui impliquent la rédaction, l’organisation documentaire, l’analyse de données ou la préparation de supports sont particulièrement concernées.

Cependant, l’évolution des tâches ne signifie pas automatiquement la disparition des métiers. Dans le secteur humanitaire, les responsabilités professionnelles, les décisions de terrain et les relations avec les personnes concernées demeurent déterminantes.

Une distinction essentielle

Automatiser une tâche n’est pas remplacer une profession. Un outil peut contribuer à rédiger un compte rendu ou à organiser des données. Il ne peut pas assumer seul les responsabilités d’un coordinateur, d’un enseignant ou d’un professionnel de santé.

Tableau comparatif : les métiers humanitaires face à l’IA

Ce tableau présente des évolutions possibles selon les fonctions. Il ne signifie pas que toutes les organisations utilisent déjà ces technologies ni que les mêmes compétences sont demandées partout.

↔ Sur mobile, faites glisser le tableau horizontalement pour consulter les trois colonnes.

Métier Ce que l’IA peut faciliter Ce qui reste sous responsabilité humaine
Coordination de projet Synthèse de rapports, organisation documentaire et aide à la planification. Décisions, négociations, compréhension du terrain et coordination des équipes.
Enseignement Préparation d’exercices, supports pédagogiques et aide à la traduction. Pédagogie, écoute, accompagnement et adaptation aux apprenants.
Communication Premières versions de textes, traduction et organisation de contenus. Vérification des faits, choix éditoriaux et respect de la dignité des personnes.
Logistique Analyse de stocks, aide aux prévisions et organisation de données. Gestion des imprévus, décisions opérationnelles et coopération avec les fournisseurs locaux.
Santé Applications spécialisées de documentation ou d’aide à la décision lorsqu’elles sont validées. Responsabilité clinique, relation avec les patients, sécurité et confidentialité.
Suivi et évaluation Traitement de données, identification de tendances et préparation de synthèses. Interprétation des résultats, contrôle de leur fiabilité et analyse des effets réels.

Coordination de projet : davantage d’analyse, toujours des décisions humaines

Les coordinateurs doivent organiser des activités, gérer des ressources et travailler avec différents interlocuteurs. Les outils d’IA peuvent contribuer à préparer des documents, structurer des comptes rendus et faciliter certaines analyses.

En revanche, les priorités d’une intervention doivent être définies à partir des besoins réels, des contraintes opérationnelles et des échanges avec les partenaires locaux. Les compétences de coordination, de négociation et de gestion des imprévus restent donc essentielles.

Enseignement : une évolution des supports pédagogiques

Dans les projets éducatifs, l’IA peut proposer des exercices, des activités de révision et des supports complémentaires. Elle peut aussi aider les intervenants à préparer différents niveaux de difficulté.

Cependant, la progression des élèves dépend de nombreux facteurs : motivation, environnement familial, méthodes pédagogiques et accompagnement individuel. Les enseignants doivent donc rester responsables du choix des activités et de leur adaptation aux apprenants.

Communication humanitaire : préserver l’authenticité

L’intelligence artificielle peut faciliter la préparation d’articles, la traduction de documents et l’organisation de contenus. Toutefois, une association doit pouvoir garantir l’exactitude des informations qu’elle diffuse.

Cette exigence concerne particulièrement les témoignages, les photographies et les récits de terrain. Une image générée par IA ne doit pas être présentée comme la photographie authentique d’une mission ou d’une personne réelle.

Bonne pratique éditoriale

Distinguer les illustrations générées, les exemples fictifs et les témoignages authentiques. Cette transparence contribue à préserver la confiance des lecteurs et le respect des personnes représentées.

Logistique et suivi des projets : mieux exploiter les informations

La logistique humanitaire nécessite de gérer des stocks, des approvisionnements, des transports et des contraintes parfois imprévisibles. Certains outils spécialisés peuvent soutenir les prévisions et l’analyse des données.

De même, le suivi-évaluation peut bénéficier de systèmes capables d’organiser des indicateurs et de repérer des tendances. Cependant, les chiffres ne suffisent pas à mesurer la qualité d’une intervention. Les observations de terrain et les retours des personnes concernées restent nécessaires.

Compétence professionnelle à développer

Savoir interpréter les informations, identifier les erreurs et expliquer les limites d’une analyse devient un atout dans de nombreux métiers. L’objectif n’est pas seulement d’utiliser un outil, mais de comprendre quand ses résultats sont réellement exploitables.

↑ Retour au sommaire

3. Enseignement, santé et environnement : quelles applications possibles de l’IA ?

Les applications de l’intelligence artificielle varient selon les domaines d’intervention. Certaines sont accessibles pour des tâches simples, comme la préparation de documents. D’autres nécessitent des technologies spécialisées, des données de qualité et des garanties de sécurité renforcées.

Il est donc important de distinguer les usages envisageables des dispositifs réellement déployés, évalués et adaptés aux besoins d’un projet.

Éducation

Préparation d’exercices, activités de révision et supports pédagogiques.

Condition : validation par les responsables éducatifs.

Santé

Certaines applications spécialisées d’aide à la documentation ou à la décision.

Condition : validation clinique et supervision qualifiée.

Environnement

Analyse d’images, traitement de données et suivi de certains phénomènes.

Condition : vérification scientifique des résultats.

Traduction

Aide à la compréhension de documents et à certains échanges courants.

Condition : vérification des messages sensibles.

Dans l’éducation : personnaliser la préparation des activités

Un outil d’IA peut proposer plusieurs versions d’un exercice de vocabulaire ou d’un dialogue. Cette possibilité peut aider un intervenant à préparer des activités adaptées à différents niveaux.

Pour autant, l’utilisation de ces supports doit rester encadrée. Les responsables pédagogiques doivent vérifier les formulations, sélectionner les contenus pertinents et tenir compte des objectifs fixés avec la structure d’accueil.

Dans la santé : des exigences de sécurité particulièrement élevées

Certains systèmes d’intelligence artificielle spécialisés peuvent contribuer à des tâches médicales précises. Cependant, leur utilisation dépend de leur validation, des réglementations applicables et de la supervision de professionnels qualifiés.

Un assistant conversationnel généraliste ne doit pas être considéré comme un dispositif médical validé ni être utilisé pour prendre seul une décision clinique. Les données de santé nécessitent par ailleurs une protection renforcée.

Point de vigilance

Une réponse médicale générée automatiquement peut être inexacte ou inadaptée. Les décisions de santé doivent rester sous la responsabilité des professionnels habilités, avec les garanties appropriées.

Pour approfondir ce sujet, l’Organisation mondiale de la santé publie des ressources consacrées à l’intelligence artificielle dans le domaine sanitaire.

Dans l’environnement : mieux analyser certaines observations

Les projets environnementaux peuvent s’appuyer sur des données issues d’observations de terrain, de capteurs ou d’images satellitaires. Certains systèmes spécialisés permettent de traiter de grands volumes d’informations et d’identifier des changements potentiellement significatifs.

Ces technologies peuvent présenter un intérêt pour la conservation, la recherche et le suivi de certains phénomènes. Cependant, les résultats doivent être contrôlés et interprétés par des personnes disposant des compétences scientifiques nécessaires.

Dans la traduction : faciliter les échanges sans ignorer les différences culturelles

La traduction automatique peut faciliter la compréhension de messages simples et la préparation de documents multilingues. Elle ne garantit toutefois pas une interprétation correcte de toutes les expressions, nuances ou références culturelles.

Pour les informations importantes concernant la santé, la protection des personnes, les droits ou le consentement, une traduction humaine qualifiée peut être indispensable.

Le principe à retenir

L’intelligence artificielle peut compléter les compétences humaines. Sa pertinence doit être évaluée à partir des besoins du projet, de ses résultats concrets et des conditions dans lesquelles elle est utilisée.

Pour aller plus loin : comprendre l’engagement responsable

Les outils numériques peuvent soutenir certaines activités, mais ils ne remplacent pas la coopération avec les équipes locales. Découvrez les ressources Globalong pour comprendre les principes d’un engagement international responsable.

Comprendre le bénévolat éthique
Découvrir les missions Globalong

↑ Retour au sommaire

4. Quelles compétences humaines l’intelligence artificielle ne peut-elle pas remplacer ?

Dans le secteur humanitaire, la technologie ne suffit pas à garantir la réussite d’un projet. Les organisations travaillent avec des personnes, des communautés et des partenaires qui possèdent leurs propres connaissances, attentes et priorités.

L’intelligence artificielle peut faciliter l’accès à certaines informations. Cependant, elle ne possède ni l’expérience vécue des situations, ni la responsabilité morale d’un professionnel, ni la capacité humaine à construire une relation réciproque de confiance.

Quelles compétences restent essentielles dans l’humanitaire ?

L’écoute active, l’empathie, la communication interculturelle, le jugement éthique, la coopération avec les acteurs locaux et la capacité à gérer les imprévus demeurent fondamentaux. L’IA peut assister certaines tâches, mais elle ne peut pas assumer seule les responsabilités humaines associées à ces compétences.

L’écoute active et la compréhension des besoins

Un projet humanitaire ne peut pas être conçu uniquement à partir de données statistiques. Les personnes concernées doivent pouvoir exprimer leurs besoins, leurs difficultés et leurs attentes.

Par exemple, dans un programme éducatif, les enseignants locaux peuvent identifier des obstacles qui ne ressortent pas immédiatement des résultats scolaires : absentéisme lié aux transports, manque de matériel ou difficultés linguistiques.

Une analyse automatisée peut aider à organiser certaines observations. En revanche, elle ne remplace pas les échanges avec les enseignants, les familles et les responsables du projet.

L’empathie et la relation de confiance

Les systèmes conversationnels peuvent produire des réponses qui ressemblent à des expressions d’empathie. Toutefois, cette capacité linguistique ne constitue pas une relation humaine vécue.

Dans l’accompagnement social, éducatif ou communautaire, la confiance se construit notamment grâce à la disponibilité, à la continuité des échanges et au respect des engagements.

Par conséquent, une organisation doit éviter de remplacer des interactions essentielles par des réponses automatisées lorsque les personnes ont besoin d’un véritable accompagnement.

La communication interculturelle

Les outils de traduction facilitent certains échanges. Cependant, communiquer dans un environnement international ne consiste pas simplement à traduire des phrases.

Les habitudes sociales, les références culturelles, les expressions locales et les relations entre les interlocuteurs influencent la compréhension d’un message.

Il est donc important de développer une capacité d’observation, de poser des questions et de reconnaître que les partenaires locaux disposent d’une expertise indispensable sur leur propre environnement.

Ce que l’IA peut faciliter

Traduire un document courant, proposer plusieurs formulations ou préparer un support de communication.

Ce qui nécessite une personne

Comprendre les réactions, adapter son comportement, gérer les malentendus et construire une relation respectueuse.

Le jugement éthique et la prise de décision

Les décisions humanitaires peuvent avoir des conséquences importantes sur les personnes concernées. Elles doivent donc tenir compte des droits, des risques, des ressources disponibles et du contexte réel.

Un système d’intelligence artificielle peut présenter différentes options. Cependant, ses recommandations peuvent être influencées par des données incomplètes, des erreurs ou des biais.

La responsabilité d’une décision ne doit donc pas être transférée à un outil automatisé. Elle doit rester clairement attribuée aux personnes et aux organisations compétentes.

Exemple : adapter un projet aux réalités locales

Une association prépare un atelier de sensibilisation environnementale. Un outil d’IA suggère plusieurs activités à partir de ressources générales.

Cependant, les responsables locaux constatent que certaines propositions nécessitent du matériel indisponible et ne correspondent pas aux habitudes des participants.

Le programme est alors adapté avec les équipes concernées. L’outil a facilité la préparation, mais ce sont les connaissances locales qui ont permis de rendre l’activité pertinente.

Exemple pédagogique fictif destiné à illustrer la démarche.

L’adaptabilité face aux imprévus

Les activités humanitaires peuvent être modifiées par des contraintes météorologiques, logistiques, administratives ou organisationnelles.

Dans ces situations, les équipes doivent être capables d’analyser rapidement les conséquences possibles, de communiquer avec les partenaires et de modifier leurs activités de manière responsable.

Les technologies peuvent fournir des informations utiles. Toutefois, l’adaptation aux imprévus repose également sur l’expérience, la coopération et la capacité à prendre des décisions dans un environnement incertain.

Comment développer ces compétences avant une expérience internationale ?

L’apprentissage d’une langue, la participation à des projets collectifs, les échanges interculturels et la préparation d’un engagement responsable peuvent contribuer au développement de ces qualités.

Développer son adaptabilité à l’étranger

Comprendre le bénévolat éthique

↑ Retour au sommaire

5. L’intelligence artificielle peut-elle remplacer les bénévoles humanitaires ?

Réponse directe

L’intelligence artificielle peut remplacer ou faciliter certaines tâches réalisées par des bénévoles, notamment la préparation de documents et l’organisation d’informations. Cependant, elle ne remplace pas les activités qui nécessitent une présence humaine, des compétences pratiques, une coopération locale et des relations de confiance. La pertinence d’une mission dépend avant tout des besoins de la structure d’accueil.

Le développement de l’intelligence artificielle invite à réfléchir au rôle des volontaires internationaux. En effet, certaines activités peuvent désormais être réalisées plus rapidement avec des outils numériques.

Cependant, il serait incorrect d’en conclure que les bénévoles deviennent inutiles. Leur contribution dépend de la nature du projet, de leurs compétences et des besoins réellement exprimés sur le terrain.

Quelles tâches peuvent être davantage automatisées ?

Plusieurs tâches préparatoires ou administratives peuvent être assistées par l’intelligence artificielle :

Préparation de supports : proposer des exercices éducatifs ou des documents de sensibilisation.

Organisation documentaire : classer des informations non sensibles et préparer des synthèses.

Communication : produire une première version de texte ou préparer une traduction.

Planification : organiser des idées, préparer une liste de tâches ou structurer un calendrier prévisionnel.

Ces usages peuvent permettre aux équipes de consacrer davantage de temps à d’autres activités. Toutefois, les contenus produits doivent être contrôlés et adaptés au contexte.

Quelles activités nécessitent toujours une participation humaine ?

De nombreux projets reposent sur des échanges directs et des activités pratiques qui ne peuvent pas être intégralement assurés par un système numérique.

Accompagnement éducatif

Participer à des activités encadrées, encourager les échanges et soutenir les initiatives définies par les responsables pédagogiques.

Projets communautaires

Collaborer avec les équipes locales, participer à des activités collectives et contribuer à des actions adaptées aux besoins identifiés.

Protection de l’environnement

Prendre part à des activités pratiques encadrées, à des observations et à des actions de sensibilisation.

Une question essentielle : quelle est la valeur ajoutée du volontaire ?

Une mission internationale ne devrait pas être organisée uniquement pour permettre à une personne de voyager ou d’acquérir une expérience personnelle.

Elle doit répondre à un besoin identifié par la structure d’accueil et s’inscrire dans un cadre respectueux des compétences et des responsabilités locales.

Par exemple, si une activité peut être réalisée durablement par un professionnel local, il convient d’éviter de lui substituer un bénévole international non qualifié.

De même, lorsqu’un outil numérique permet de simplifier une tâche administrative, il peut être plus pertinent de réserver la participation humaine aux activités pour lesquelles elle apporte une contribution réelle.

Le principe du volontariat responsable

Une mission doit compléter les compétences et les ressources de la structure d’accueil, sans remplacer abusivement des emplois locaux ni confier à des participants des responsabilités dépassant leurs qualifications.

L’IA peut-elle aider les futurs bénévoles à préparer leur départ ?

Un assistant numérique peut être utilisé pour organiser une liste de questions, pratiquer une langue étrangère ou préparer un calendrier personnel.

Il peut également aider à identifier les sujets à aborder avec l’association avant de s’engager : objectifs du projet, conditions d’accueil, encadrement, compétences attendues et responsabilités du participant.

Cependant, les informations relatives aux visas, à la santé, à la sécurité et aux formalités administratives doivent être vérifiées auprès des autorités compétentes et des organismes concernés.

Exemple : préparer son premier engagement à l’étranger

Une étudiante envisage une mission éducative. Elle utilise un outil d’IA pour préparer une liste de questions à poser avant son inscription.

Elle demande ensuite directement à l’organisme responsable des précisions sur les activités, l’encadrement et les conditions de participation. L’outil lui sert à mieux préparer ses échanges, sans se substituer aux informations officielles.

Situation illustrative, non présentée comme un témoignage réel.

Le bénévolat international peut-il rester pertinent à l’ère de l’IA ?

Oui, lorsqu’il répond à une demande réelle et qu’il est organisé de manière responsable. Les outils numériques peuvent modifier certaines tâches, mais ils ne suppriment pas les besoins de coopération, de formation, de participation et d’accompagnement humain.

La question n’est donc pas de préserver toutes les missions telles qu’elles existent aujourd’hui. Elle consiste plutôt à faire évoluer les formes d’engagement pour qu’elles restent utiles aux projets et aux communautés concernées.

Vous envisagez une première mission internationale ?

Avant de choisir un programme, prenez le temps d’examiner les objectifs du projet, les activités proposées et la place des partenaires locaux.

Donner du sens à son voyage

Découvrir les missions Globalong

↑ Retour au sommaire

6. Comment les associations humanitaires peuvent-elles utiliser l’IA de manière responsable ?

L’intelligence artificielle peut constituer un outil utile pour certaines associations. Cependant, son adoption ne doit pas être motivée uniquement par la nouveauté technologique.

Une organisation doit d’abord identifier les difficultés qu’elle souhaite résoudre, les ressources disponibles et les conséquences possibles pour ses équipes et les personnes concernées.

Par où commencer ?

Pour une association, les usages les plus simples à évaluer concernent généralement la préparation de documents non confidentiels, la création de supports pédagogiques et l’organisation d’informations publiques. Les applications impliquant des données personnelles, des décisions sensibles ou des personnes vulnérables nécessitent une analyse des risques et des garanties renforcées.

Identifier un besoin concret avant de choisir un outil

Une association peut souhaiter réduire le temps consacré à la rédaction de documents, améliorer la préparation de formations ou faciliter certaines tâches de coordination.

Avant de sélectionner une solution, elle devrait comparer les méthodes disponibles, y compris celles qui ne reposent pas sur l’intelligence artificielle.

En effet, un outil plus complexe n’est pas nécessairement plus efficace. Une procédure claire, un tableur bien organisé ou une formation adaptée peuvent parfois répondre au besoin à moindre coût.

Utiliser l’IA pour des tâches à faible risque

Certains usages peuvent être expérimentés avec des informations publiques ou des contenus ne contenant aucune donnée personnelle.

Communication : préparer une première structure d’article ou reformuler un texte destiné au grand public.

Formation : proposer des exercices généraux et des supports à faire valider par les formateurs.

Organisation : préparer un ordre du jour ou une liste de tâches à partir d’informations non confidentielles.

Documentation : synthétiser des publications publiques en conservant la vérification des sources.

Protéger les données personnelles et sensibles

Les organisations humanitaires peuvent traiter des informations concernant des personnes en situation de vulnérabilité. Ces données nécessitent des précautions particulières.

Le fait qu’un outil permette techniquement de transmettre un document ne signifie pas que cette transmission est autorisée ou appropriée.

Lorsqu’un traitement relève du Règlement général sur la protection des données (RGPD), l’organisation doit notamment disposer d’une base juridique adaptée, respecter les principes de minimisation et de sécurité et examiner les obligations applicables aux données sensibles.

Selon les usages envisagés, une analyse d’impact relative à la protection des données peut également être nécessaire.

Attention aux données des bénéficiaires

Une association ne devrait pas copier des dossiers individuels, des informations médicales, des coordonnées ou des témoignages identifiables dans un assistant d’IA externe sans avoir préalablement vérifié la licéité du traitement, les garanties contractuelles, la sécurité et les droits des personnes concernées.

La CNIL met à disposition des ressources sur l’intelligence artificielle et la protection des données personnelles. Elles constituent un point de départ pertinent pour les associations concernées par la réglementation française et européenne.

Associer les équipes et les partenaires locaux

Une technologie ne doit pas être imposée à une structure d’accueil simplement parce qu’elle est utilisée par une organisation extérieure.

Les partenaires locaux doivent pouvoir participer à l’identification des besoins, au choix des outils et à l’évaluation de leur utilité.

Cette démarche permet notamment de prendre en compte les langues utilisées, les infrastructures disponibles, les coûts et les habitudes de travail.

Mesurer les bénéfices réels plutôt que les promesses

Une association peut évaluer l’intérêt d’un outil à partir de critères simples : temps réellement économisé, qualité des documents, facilité d’utilisation, coûts, erreurs détectées et satisfaction des équipes.

Il convient également de tenir compte des ressources nécessaires à la vérification des résultats. En effet, une solution qui produit rapidement des contenus inexacts peut finalement augmenter la charge de travail.

Exemple : tester un outil avant de le généraliser

Une association envisage d’utiliser l’IA pour préparer des supports de formation. Elle commence par un nombre limité de documents publics et mesure le temps de préparation, le nombre de corrections nécessaires et l’avis des formateurs.

Si les résultats sont satisfaisants, elle peut envisager un usage plus régulier. Dans le cas contraire, elle adapte sa méthode ou renonce à l’outil.

Scénario illustratif, sans référence à une procédure interne de Globalong.

Checklist : sept questions avant d’adopter l’IA

01. Quel problème précis souhaitons-nous résoudre ?

02. Une solution plus simple pourrait-elle répondre au même besoin ?

03. Les données utilisées sont-elles fiables et leur traitement autorisé ?

04. Les équipes disposent-elles d’une formation suffisante ?

05. Qui vérifie les résultats et assume les décisions ?

06. Les partenaires concernés ont-ils été consultés ?

07. Comment mesurerons-nous les bénéfices, les coûts et les risques ?

Le principe d’une adoption responsable

L’intelligence artificielle doit rester un moyen au service des objectifs de l’association. Son adoption doit être justifiée par un bénéfice concret et accompagnée de garanties adaptées aux risques.

↑ Retour au sommaire

7. Quels sont les risques de l’intelligence artificielle dans l’humanitaire ?

Dans l’action humanitaire, une erreur technologique peut avoir des conséquences importantes. Les organisations doivent donc examiner les risques avant d’utiliser un système d’intelligence artificielle, particulièrement lorsque celui-ci intervient dans des activités concernant des personnes vulnérables.

Ces risques ne se limitent pas aux réponses incorrectes. Ils concernent également la protection des données, les discriminations, les représentations trompeuses, les inégalités d’accès et la dépendance à des fournisseurs technologiques.

Quels sont les principaux dangers ?

Les principaux risques de l’IA dans l’humanitaire sont les informations inventées, les biais discriminatoires, les atteintes à la confidentialité, les décisions automatisées inadaptées, les contenus trompeurs et la dépendance technologique. Leur gravité dépend du contexte et de l’usage envisagé.

Les hallucinations et les informations incorrectes

Les systèmes d’IA générative peuvent produire des réponses fausses avec une formulation convaincante. Ils peuvent notamment inventer des références, confondre des réglementations ou présenter des informations dépassées comme si elles étaient actuelles.

Dans l’humanitaire, il serait donc risqué de s’appuyer uniquement sur une réponse automatisée pour préparer une procédure sensible, vérifier des conditions d’entrée dans un pays ou prendre une décision opérationnelle.

Les biais et les risques de discrimination

Les résultats d’un système peuvent refléter les limites ou les déséquilibres des données utilisées pour son développement.

Par exemple, certaines langues ou populations peuvent être moins bien représentées. Une analyse automatisée risque alors de produire des résultats moins fiables pour les personnes concernées.

Ce problème devient particulièrement sensible lorsqu’un outil contribue à orienter des ressources ou à évaluer des besoins.

Les fausses images et les témoignages générés

Les technologies génératives permettent de produire des images, des vidéos et des récits très réalistes. Ces contenus peuvent être utiles pour illustrer un sujet, à condition de ne pas les présenter comme des documents authentiques.

Dans la communication humanitaire, faire passer une scène générée pour la photographie réelle d’une mission pourrait induire le public en erreur et nuire à la confiance envers l’organisation.

De même, un témoignage fictif ne doit pas être présenté comme la parole d’un bénéficiaire, d’un volontaire ou d’un partenaire réel.

Une règle éditoriale importante

Une illustration générée par IA peut accompagner un article informatif. Cependant, sa nature doit être identifiable lorsqu’il existe un risque de confusion avec une photographie documentaire ou un témoignage de terrain.

La dépendance technologique et les inégalités d’accès

L’utilisation régulière d’un outil peut rendre une organisation dépendante de son fournisseur, de ses tarifs et de sa disponibilité.

Par ailleurs, certaines équipes disposent d’une connexion Internet limitée ou d’équipements insuffisants. Une solution numérique mal adaptée peut alors compliquer le travail au lieu de le faciliter.

Il est donc utile de conserver des procédures alternatives et de maintenir les compétences nécessaires pour travailler sans assistance automatisée.

Les coûts environnementaux des technologies

Les systèmes d’intelligence artificielle nécessitent des infrastructures informatiques qui consomment de l’électricité, mobilisent des équipements et peuvent utiliser des ressources en eau pour leur refroidissement.

L’impact environnemental varie selon les technologies, les infrastructures et les usages. Il doit néanmoins être pris en compte, notamment lorsqu’une association mène des projets liés à la protection de l’environnement.

La question pertinente consiste à déterminer si le bénéfice attendu justifie les ressources mobilisées.

Tableau : risques, conséquences et bonnes pratiques

↔ Sur smartphone, faites glisser le tableau horizontalement pour consulter toutes les colonnes.

Risque Conséquence possible Bonne pratique
Informations inventées Erreur de préparation ou diffusion d’informations inexactes. Vérifier les réponses auprès de sources fiables et compétentes.
Données personnelles exposées Atteinte à la confidentialité et aux droits des personnes. Limiter les données transmises et contrôler les garanties juridiques et techniques.
Biais algorithmiques Analyses inadaptées ou traitements discriminatoires. Évaluer la qualité des données et maintenir une supervision humaine.
Contenus trompeurs Confusion entre illustrations et documents authentiques. Identifier clairement les contenus générés lorsque nécessaire.
Dépendance à un fournisseur Interruption d’activité ou augmentation des coûts. Prévoir des solutions alternatives et évaluer les coûts à long terme.
Inégalités d’accès Exclusion de certaines équipes ou communautés. Adapter les outils aux infrastructures et aux compétences disponibles.
Impact environnemental Consommation de ressources disproportionnée au bénéfice attendu. Privilégier les usages réellement utiles et proportionnés.

Quelles recommandations internationales consulter ?

Plusieurs institutions publient des travaux sur l’intelligence artificielle, ses risques et les principes d’une utilisation responsable.

Ressources officielles

UNESCO : recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle, notamment les droits humains et la responsabilité.

Consulter la recommandation de l’UNESCO

CNIL : informations sur la protection des données et les usages de l’intelligence artificielle.

Consulter les ressources de la CNIL

Comité international de la Croix-Rouge : ressources sur la protection des personnes et les technologies numériques dans les contextes humanitaires.

Consulter le site du CICR

Le principe fondamental

Dans l’humanitaire, une technologie ne doit pas être évaluée uniquement sur sa rapidité ou ses performances techniques. Sa fiabilité, sa sécurité, son accessibilité et ses conséquences pour les personnes concernées doivent également être prises en compte.

↑ Retour au sommaire

8. Quelles compétences développer pour travailler dans l’humanitaire à l’ère de l’intelligence artificielle ?

L’intelligence artificielle fait évoluer certaines méthodes de travail dans les organisations humanitaires. Pour les étudiants, les professionnels et les futurs volontaires, cette transformation peut représenter une occasion de développer de nouvelles compétences.

Cependant, maîtriser un outil numérique ne suffit pas à exercer un métier humanitaire. Les qualifications professionnelles, les langues étrangères, la compréhension des réalités locales et les compétences relationnelles restent déterminantes selon les fonctions.

Les compétences d’avenir dans l’humanitaire

Les compétences numériques, l’esprit critique, la gestion de projet, la communication interculturelle, la protection des données et la capacité d’adaptation peuvent devenir des atouts complémentaires. Leur importance varie toutefois selon les métiers et les besoins des organisations.

Comprendre les outils d’intelligence artificielle

Une connaissance générale des systèmes d’IA peut aider les professionnels à identifier les usages pertinents et les situations dans lesquelles ces outils ne doivent pas être employés.

Il peut notamment être utile de savoir formuler une demande précise, comparer plusieurs résultats et reconnaître les limites d’une réponse générée automatiquement.

En revanche, les compétences techniques attendues d’un spécialiste de l’analyse de données ne sont pas les mêmes que celles d’un coordinateur de projet ou d’un enseignant.

Développer son esprit critique et vérifier les sources

Les outils d’intelligence artificielle peuvent produire des informations incorrectes ou présenter des hypothèses comme des faits établis.

Il devient donc important de savoir consulter des sources fiables, vérifier les références et identifier les informations qui nécessitent une confirmation.

Cette compétence est particulièrement utile dans les domaines où une erreur peut avoir des conséquences importantes, notamment la santé, la sécurité ou la préparation d’une intervention.

Renforcer ses compétences linguistiques et interculturelles

Les outils de traduction peuvent faciliter certains échanges. Cependant, la maîtrise d’une langue étrangère et la compréhension des différences culturelles conservent une réelle valeur.

Dans une équipe internationale, il faut notamment savoir écouter, expliquer ses idées, respecter les pratiques locales et travailler avec des interlocuteurs aux expériences différentes.

Ces qualités ne s’acquièrent pas uniquement grâce à des technologies. Elles se développent aussi par la formation, les échanges et les expériences collectives.

Apprendre à organiser et évaluer un projet

La gestion de projet comprend la définition des objectifs, la planification, la coordination des activités et l’évaluation des résultats.

Certains outils numériques peuvent faciliter ces étapes. Toutefois, les responsables doivent être capables de comprendre les besoins, de gérer les imprévus et d’interpréter les résultats.

Par conséquent, les compétences organisationnelles restent importantes, même lorsque certaines tâches sont automatisées.

Comprendre la protection des données et les enjeux éthiques

L’utilisation de l’intelligence artificielle peut soulever des questions concernant la confidentialité, les discriminations, la transparence et la responsabilité.

Les professionnels doivent donc apprendre à reconnaître les situations sensibles et à respecter les procédures applicables à leur organisation.

Cette vigilance concerne particulièrement les activités impliquant des informations personnelles ou des personnes en situation de vulnérabilité.

Six compétences à développer progressivement

01. Esprit critique

Vérifier les informations et identifier les limites des résultats automatisés.

02. Compétences numériques

Comprendre les usages possibles des outils et leurs conditions d’utilisation.

03. Communication

Collaborer avec des équipes internationales et des partenaires locaux.

04. Gestion de projet

Définir des objectifs, organiser les activités et évaluer les résultats.

05. Responsabilité éthique

Protéger les personnes, les données et la qualité des décisions.

06. Adaptabilité

Faire face aux imprévus et apprendre de nouvelles méthodes de travail.

Étudiants : comment acquérir ces compétences ?

Un étudiant intéressé par la solidarité internationale peut commencer par identifier les compétences nécessaires au domaine qui l’attire : enseignement, environnement, communication, santé, logistique ou gestion de projet.

Il peut ensuite rechercher des formations adaptées, développer ses compétences linguistiques et envisager une expérience pratique encadrée.

Un stage à l’étranger peut contribuer à cet apprentissage, à condition que les activités correspondent aux objectifs pédagogiques et aux qualifications du participant.

Préparer un stage international adapté à son parcours

Avant de choisir un stage, il est important de définir ses objectifs de formation, de vérifier les conditions d’encadrement et de comprendre les activités confiées par la structure d’accueil.

Comment faire un stage à l’étranger ?

Guide du stage conventionné

↑ Retour au sommaire

9. Les erreurs fréquentes à éviter avec l’intelligence artificielle dans l’humanitaire

L’utilisation de l’intelligence artificielle peut faciliter certaines activités. Cependant, des erreurs de méthode peuvent réduire son intérêt ou entraîner des conséquences indésirables.

Pour les associations, les étudiants et les professionnels, il est donc important de distinguer les pratiques utiles des usages qui nécessitent davantage de précautions.

Tableau des erreurs, conséquences et bonnes pratiques

↔ Sur smartphone, faites glisser le tableau horizontalement pour consulter toutes les colonnes.

Erreur fréquente Conséquence possible Bonne pratique
Faire confiance à une réponse sans vérification Diffusion d’informations inexactes. Contrôler les informations auprès de sources fiables.
Transmettre des données sensibles sans garanties Atteinte possible à la confidentialité et aux droits des personnes. Vérifier la licéité du traitement et les mesures de protection.
Ignorer les connaissances locales Décisions inadaptées aux besoins du projet. Consulter les équipes et les communautés concernées.
Utiliser un outil sans formation Erreurs d’utilisation et dépendance technologique. Former les équipes et prévoir une supervision.
Présenter une image générée comme une photographie réelle Confusion et perte de confiance. Identifier clairement les illustrations générées lorsque nécessaire.
Adopter l’IA sans besoin identifié Dépenses inutiles et complexité supplémentaire. Comparer les solutions et mesurer les bénéfices attendus.
Automatiser une décision sensible sans contrôle adapté Risque de décisions injustes ou inadaptées. Prévoir les garanties nécessaires et maintenir une responsabilité humaine.

La bonne méthode en trois étapes

1. Identifier le besoin : définir précisément ce que l’outil doit améliorer.

2. Tester et vérifier : évaluer la fiabilité, les risques et les coûts réels.

3. Décider avec les personnes concernées : conserver des responsabilités clairement définies et associer les partenaires.

↑ Retour au sommaire

10. Quel avenir pour les métiers et les missions humanitaires à l’horizon 2030 ?

À l’horizon 2030, l’intelligence artificielle pourrait prendre une place plus importante dans certaines activités humanitaires. Cependant, il serait imprudent de présenter cette évolution comme une certitude uniforme pour toutes les organisations.

Les transformations dépendront des progrès technologiques, des réglementations, des ressources financières, des infrastructures et des besoins exprimés sur le terrain.

Des tâches administratives davantage assistées

Les organisations pourraient utiliser plus régulièrement des outils pour préparer des documents, organiser des informations et faciliter certaines traductions.

Ces usages pourraient permettre de réduire le temps consacré à des tâches répétitives. Cependant, les résultats devront rester vérifiables et les coûts maîtrisés.

Des compétences professionnelles en évolution

Dans certains métiers, la maîtrise des outils numériques pourrait devenir plus importante. Les professionnels pourraient notamment être amenés à évaluer des résultats générés automatiquement ou à collaborer avec des spécialistes des données.

En parallèle, les compétences humaines devraient conserver un rôle central dans les activités qui nécessitent de l’écoute, des décisions responsables et une connaissance approfondie du terrain.

Des différences importantes entre organisations

Toutes les associations ne disposent pas des mêmes moyens. Certaines peuvent expérimenter des outils spécialisés, tandis que d’autres doivent prioritairement investir dans les infrastructures, la formation ou le renforcement de leurs activités existantes.

Le développement de l’intelligence artificielle pourrait donc être progressif et inégal selon les contextes.

Trois scénarios possibles à l’horizon 2030

SCÉNARIO 01

Adoption progressive

Les associations utilisent principalement l’IA pour la documentation, la communication et certaines tâches administratives.

SCÉNARIO 02

Intégration encadrée

Des outils spécialisés sont intégrés à certaines activités, avec des procédures de contrôle et des responsabilités définies.

SCÉNARIO 03

Développement inégal

Les écarts de ressources, d’équipements et de formation limitent l’utilisation des technologies dans certains contextes.

Ces scénarios sont des hypothèses d’évolution destinées à éclairer la réflexion. Ils ne constituent pas des prévisions chiffrées.

Les missions de bénévolat vont-elles disparaître ?

Il n’existe pas de raison de considérer que l’ensemble des missions humanitaires sera remplacé par l’intelligence artificielle d’ici 2030.

Cependant, certaines activités pourraient évoluer. Les organisations auront intérêt à examiner régulièrement la pertinence des tâches confiées aux volontaires et les compétences nécessaires à leur réalisation.

Une mission responsable devra continuer à répondre aux besoins de la structure d’accueil et à respecter les compétences des acteurs locaux.

Notre analyse

L’avenir de l’humanitaire ne dépendra pas uniquement des progrès de l’intelligence artificielle. Il dépendra aussi de la capacité des organisations à renforcer les compétences humaines, à soutenir leurs partenaires locaux et à utiliser les technologies lorsqu’elles apportent une valeur démontrable.

↑ Retour au sommaire

Conclusion : l’intelligence artificielle transforme les outils, pas le sens de l’engagement humanitaire

L’intelligence artificielle peut contribuer à faire évoluer les métiers humanitaires en facilitant certaines tâches documentaires, organisationnelles et analytiques.

Elle peut également aider les étudiants et les professionnels à préparer des supports, à structurer des informations et à développer de nouvelles méthodes de travail.

Cependant, ses limites doivent être prises au sérieux. La fiabilité des résultats, la protection des données, les biais et les conséquences pour les personnes concernées nécessitent des précautions adaptées.

Pour les futurs bénévoles, les étudiants et les professionnels, l’enjeu consiste donc à associer les compétences numériques aux qualités humaines indispensables à la coopération internationale.

L’intelligence artificielle peut devenir un outil complémentaire. Mais la pertinence d’une action humanitaire continuera de dépendre des besoins exprimés localement, des compétences mobilisées et de la responsabilité des personnes qui agissent.

L’essentiel à retenir

L’avenir de l’humanitaire ne se résume pas à une opposition entre intelligence artificielle et relations humaines. Il repose sur une utilisation responsable des technologies, au service de projets pertinents, construits avec les acteurs locaux.

↑ Retour au sommaire

DE LA RÉFLEXION À L’ENGAGEMENT

Et si vous développiez vos compétences à travers une expérience internationale ?

Comprendre les évolutions des métiers humanitaires est une première étape. Pour les personnes qui souhaitent s’engager, il est également important de choisir une expérience adaptée à leur profil et aux besoins du projet.

L’association Globalong propose des informations et des possibilités de bénévolat et de stage à l’étranger dans différents domaines. Les activités, les compétences attendues et les conditions de participation dépendent de chaque programme.

Vous souhaitez devenir bénévole ?

Découvrez les possibilités d’engagement international et les critères à examiner avant de choisir une mission.

Découvrir les missions

Vous recherchez un stage ?

Préparez votre projet professionnel en identifiant les objectifs pédagogiques et les conditions d’encadrement.

Préparer mon stage

Vous avez des questions sur votre projet ?

Vous pouvez contacter l’équipe Globalong pour obtenir des informations sur les programmes et les conditions de participation.

Découvrir l’association Globalong

Contacter l’équipe Globalong

11. FAQ : intelligence artificielle et humanitaire

Voici les réponses aux principales questions concernant l’évolution des métiers humanitaires, le bénévolat international et les usages responsables de l’intelligence artificielle.

L’intelligence artificielle va-t-elle remplacer les travailleurs humanitaires ?

L’IA peut automatiser certaines tâches, mais elle ne remplace pas l’ensemble des responsabilités des professionnels humanitaires. Les décisions sensibles, les compétences de terrain et les relations humaines restent essentielles.

Quels métiers humanitaires sont les plus concernés par l’IA ?

La coordination, la communication, l’enseignement, la logistique et le suivi-évaluation peuvent voir évoluer certaines tâches. Des applications spécialisées existent également dans la santé, sous réserve de garanties adaptées.

L’IA peut-elle remplacer les bénévoles internationaux ?

Elle peut faciliter certaines activités préparatoires ou administratives. Cependant, les missions reposant sur des compétences pratiques, la coopération locale et les échanges humains ne peuvent pas être intégralement remplacées par des outils automatisés.

Comment les associations peuvent-elles utiliser l’intelligence artificielle ?

Les associations peuvent envisager l’IA pour préparer des documents, organiser des informations publiques ou créer des supports pédagogiques. Les résultats doivent être vérifiés et les usages impliquant des données personnelles nécessitent des garanties appropriées.

Quels sont les principaux risques de l’IA dans l’humanitaire ?

Les risques comprennent les informations incorrectes, les biais, les atteintes à la confidentialité, les contenus trompeurs et la dépendance technologique. Leur importance dépend des usages et du contexte.

Faut-il maîtriser l’IA pour travailler dans l’humanitaire ?

La maîtrise de certains outils numériques peut être un atout, mais elle n’est pas une condition universelle. Les qualifications professionnelles, les langues, l’esprit critique et les compétences interculturelles restent importants selon les métiers.

L’intelligence artificielle peut-elle améliorer les projets éducatifs ?

Elle peut faciliter la préparation d’exercices et de supports pédagogiques. Toutefois, les contenus doivent être vérifiés et adaptés par les responsables éducatifs aux besoins des apprenants.

Quel sera l’impact de l’IA sur l’humanitaire d’ici 2030 ?

L’IA pourrait être davantage utilisée pour certaines tâches documentaires, organisationnelles et analytiques. Cependant, l’ampleur de son adoption dépendra des ressources, des réglementations et des besoins locaux.

L’IA peut-elle prendre des décisions humanitaires à la place des personnes ?

Elle peut contribuer à certaines analyses, mais les décisions sensibles doivent respecter les règles applicables et rester soumises aux garanties et responsabilités humaines appropriées. Les personnes concernées doivent être protégées contre les décisions injustes ou insuffisamment contrôlées.

Comment préparer une carrière humanitaire dans un monde où l’IA progresse ?

Il est utile de développer des compétences professionnelles solides, de renforcer ses langues étrangères, d’apprendre à vérifier les informations et de comprendre les enjeux éthiques des technologies. Une expérience pratique encadrée peut compléter cette préparation.

↑ Retour au sommaire

Sources institutionnelles et ressources complémentaires

UNESCO : recommandation internationale sur l’éthique de l’intelligence artificielle.

Consulter les recommandations de l’UNESCO

Organisation mondiale de la santé : ressources sur l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé.

Consulter les ressources de l’OMS

CNIL : informations concernant l’intelligence artificielle et la protection des données.

Consulter les ressources de la CNIL

OCHA : ressources du Centre for Humanitarian Data sur les données dans l’action humanitaire.

Consulter le Centre for Humanitarian Data

Programme alimentaire mondial : démarches d’innovation et technologies appliquées à l’action humanitaire.

Découvrir les initiatives du PAM

🌍 Rejoignez la communauté Globalong !

Découvrez les programmes de l’association, suivez le quotidien de nos adhérents à l’étranger et retrouvez des conseils pour préparer votre projet.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *