Bonjour,

Avec une amie, nous sommes rentrées en France depuis deux mois et demi… Je prends donc un peu de temps pour faire un petit bilan d’un séjour humanitaire en orphelinat, à Atakpamé, au Togo. Nous y sommes restées trois semaines, en Juin. Je relate donc ce que j’ai pu vivre, observer, ressentir au cours de ce court lapse de temps.
On peut distinguer quatre facettes de notre séjour. Tout d’abord, il y a eu sa préparation. L’une concerne plutôt le pays avec son charme, ses particularités, son fonctionnement, ses coutumes, sa philosophie de vie, ses habitants, notre coordinateur, sa famille, les excursions… L’autre facette décrit davantage l’orphelinat avec les personnes que nous avons pu rencontrer (sœurs, professionnels, enfants), son fonctionnement, la vie là-bas… Enfin, la dernière est notre retour.
J’ai trouvé ce site sur internet. J’ai immédiatement accroché. En effet, tout y est expliqué, développé et se trouve donc rassurant.  Les recherches sont simples voire simplifiée lorsqu’un lien est proposé pour une assurance… Des missions sont présentées en fonction des lieus, des besoins… Il est possible de partir toute l’année. Malgré cela un doute persistait. En effet, même si nous comprenions les raisons de l’adhésion (900€) puisque ce fut expliqué, nous avions peur que ce soit une arnaque. Avec ce que nous pouvons voir aujourd’hui dans les différents médias, nous avions besoin d’être davantage rassuré.
Nous avons donc pris contact avec l’association par e-mail. A chaque mail, l’équipe de l’association globalong nous répondait avec compréhension et une grande amabilité. Elle a su nous accompagner dans nos questionnements divers, avec humanitude et ce, tout au long de notre parcours. Nous tenons, par ailleurs, à l’en remercier très sincèrement. De plus, avec une amie, nous avons souhaité partager cette expérience à deux. Notre demande a largement été respectée, pour notre plus grand plaisir.

 Il est important de noter que ce type de voyage humanitaire à un coup que nous avions sous-estimé et qu’il est nécessaire de prendre en compte. En effet, il y a la cotisation à l’association, le prix des billets, du visa, des différents médicaments et protections (solaire, moustiques), des vaccins, d’habits adaptés, les excursions, souvenirs, valise pour les enfants… Nous concernant, il faut compter entre 3000 et 4000 €.

L’orphelinat est la raison principale de notre venue. Nous avons pu y accompagner les enfants dans tous les actes de la vie quotidienne, étayés par des personnes (professionnelles ou non) bienveillantes, accueillantes, désireuses de transmettre un certain savoir faire. L’orphelinat reflète particulièrement l’ambiance qu’ils souhaitent y faire régner. Les professionnels ont la même bienveillance envers les enfants qu’envers les bénévoles. Ils nous encouragent, nous félicitent, s’intéressent à nous, sont reconnaissants de l’aide apportée…

Je fus très surprise par le décalage entre l’image que je pouvais me faire d’un orphelinat africain et la réalité. J’ai pu m’en rendre compte rapidement, dès les premiers échanges avec sœur Elizabeth (« Directrice » de l’établissement) avant notre départ.  J’imaginais une structure plutôt « déconstruite » tant dans son fond que dans sa forme. Finalement, ce fut tout l’inverse. Son fonctionnement ressemblait fortement aux Maisons d’Enfants à Caractère Social (MECS) française avec un un projet d’établissement, des projets personnalisés, un cadre clair et défini… Quant aux bâtiments, des travaux étaient en cours notamment pour la création d’une nouvelle cuisine qui est actuellement très… rudimentaire mais fonctionnelle. Les enfants semblent heureux d’y vivre malgré le contexte du placement. Evidemment, matériellement (jouet…), il y a une différence importante entre leur confort et celui de nos institutions mais chacun s’adapte et ils ne paraissent pas plus malheureux. Ils se contentent de l’essentiel, de ce qui peut être apporté… Ils sont satisfaits par des plaisirs simples. Ca me questionne sur ma manière de vivre, notre société de consommation… Nous avons eu grand plaisir à leur apporter des jouets, du matériel éducatif… Il est à noter la générosité de notre entourage personnel et professionnel pour faire don de ces objets. Nous avons dû freiner les dons parce que nous n’avions plus de contenants suffisants et ça rendait impossible l’acheminement. Quelle frustration… Ce qui me questionne à nouveau… Les personnes ont à donner et sont volontaires pour le faire, quels sont donc les freins ? Pourquoi tant de disparités ? Nous aurions pu et aimé en apporter davantage cependant, nous avons vite été limitées par le prix des valises. (60 euros pour une seconde valise et 150 euros pour la troisième, tarifs de la compagnie aérienne) Nous avons contacté la compagnie pour un geste mais le petit arrangement qu’elle proposait n’était pas réalisable pour nous et nous aurait coûté davantage. Quelque peu déçues, nous nous sommes donc limitées et avons apporté à l’orphelinat moins de matériel que nous aurions pu et souhaité, ainsi qu’un peu d’argent…

Nous avons eu le plaisir de pouvoir partager des moments quotidiens (distribution des repas, accompagnement à la douche…) avec des enfants d’âges différents. Nous avons partagé nos propres connaissances, compétences, ce que nous pouvions avec un temps d’adaptation, une prise de repère… courts. Nous avons également pu proposer quelques activités : atelier cuisine, activité manucure où d’ailleurs les garçons étaient aussi intéressés que les jeunes filles, ce que nous n’avions pas prévu… Les enfants n’étaient pas avares en câlins. D’ailleurs, s’il existe des arbres à chats nous pourrions imaginer être des arbres à enfants. Dès notre arrivée, ils voulaient que nous les portions dans nos bras, nous toucher la peau, les cheveux… Ce sont des enfants attachants qui recherchent de l’amour, de l’affection, de l’attention, parfois des limites…

Concernant les professionnels, les sœurs, il y aurait tant de choses à dire. J’avais quelques appréhensions concernant la religion. Non croyante, non pratiquante, j’ai une image assez… « négative » de la religion. Cependant, là-bas, je pense qu’ils tirent le meilleur de la religion : solidarité, respect, l’amour de l’autre… Et finalement, je n’ai pas ressenti la religion comme une lourdeur, une contrainte, de la façon où ça a été transmis, au moment où j’y étais… Bien au contraire, j’ai trouvé que la religion était plutôt l’occasion de transmettre certaines valeurs.

Les personnes accompagnants les enfants font preuve d’une grande humanité envers chacun. On se sent accueilli comme dans une famille. « La maison, ça va ? La famille ? La santé ? Que Dieu te bénisse !!! » et en chaque début de service, nous pouvions entendre : « Bonne arrivée » et en fin : « Bon travail ». Ce sont des mots, des phrases chargés de tellement de choses que je souhaiterai ne jamais les oublier. Malgré leurs conditions de travail bien différentes des nôtres : journée de travail de 24h et ils travaillent un jour sur deux, elles sont toujours très souriantes. La plupart des personnes sont désireuses d’apprendre mais aussi de transmettre leur savoir, savoir-faire et savoir-être malgré des conditions de travail qui sont loin d’être au niveau des conditions françaises. Sœur Elizabeth, Directrice de l’établissement, d’une simplicité, d’un professionnalisme et d’une humanité remarquables, impulse en grande partie ce partage pour améliorer le fonctionnement de l’établissement mais surtout l’accompagnement des enfants.

Nous avons également pu découvrir le Togo. Dès la sortie de l’aéroport, nous sommes frappés par une vague de chaleur. Notre coordinateur nous accueille avec un grand sourire. Un jeune homme belge arrivait sur le même vol pour vivre avec nous la même aventure. Les togolais se déplacent essentiellement en moto taxis pour les courts trajets et en taxis pour des parcours plus longs. Nous sommes frappés par la vétusté des voitures, par le manque de sécurité (pas de ceinture, coffre fermé avec des cordes, des voitures accueillant parfois 7 personnes, 4 personnes sur une moto…), par le nombre de voitures et de camions en panne sur le bord des routes… La pollution nous a également frappée quelle soit olfactive (pots d’échappement), sonore (klaxons constants pour prévenir de…). Des papiers, des déchets sont partout sur le sol, dans les rues, les rivières, sur les plages… En effet, aucun dispositif n’est mis en place par les politiques pour la récupération des déchets.

Après 5h de voiture en sortant de l’aéroport suite à un accident de voiture entravant notre route, nous arrivons chez notre famille d’accueil. Comme son nom l’indique, nous l’avons trouvée très accueillante, souriante, à notre disposition…. Nous avons pu rencontrer chaque membre qui composait cette famille. Nous étions agréablement surpris par nos logements respectifs où rien ne manquait. Nous avions chacun une chambre et même la wifi. Nous avons pu partager les repas avec notre coordinateur les deux premiers jours. Des bénévoles nous rejoignaient semaine par semaine. Nous sommes arrivés jusqu’à cinq bénévoles accueillis. Nous étions étonnés de ne pas partager les repas avec la famille, de ne pas avoir à partager les tâches ménagères… Là-bas, ils mangent individuellement, à leur rythme, en fonction du besoin. Mais cela ne nous a pas empêché de partager des moments ensembles, de discuter avec eux… Nous les rencontrions chaque jour. Notre coordinateur comme chacun étaient au petit soin pour nous. Richard nous a raconté l’histoire de l’Afrique, son évolution… Nous pouvions questionner, demander… Chaque membre était à notre écoute. La nourriture était adaptée en fonction de ce qu’il pouvait et ce que nous pouvions supporter pour ne pas être malade. Ils nous demandaient chaque jour comment se passait notre journée. 

Chaque weekend, nous faisions des excursions. Notre coordinateur organisait tout : transport, guides… Chacun des participants appréciaient plus ou moins les propositions. Ainsi, nous avons pu profiter de différentes activités : découverte de la flore, baignade au pied d’une cascade, un pseudo safari car malheureusement nous avons vu peu d’animaux, visite d’une forge artisanale, sur le métier à tisser, nourrissage d’éléphants, repère de chauve-souris, achats de souvenir, balade en pirogue… Concernant les restaurants, il faut s’armer de patience. Les africains n’ont pas l’habitude d’y manger. Les plats ne sont donc pas préparés ou anticipé à l’avance comme en France. Il faut donc attendre entre 1 et 3 heures avant d’être servi. Il est à noter que dans les quelques restaurants où nous nous sommes rendus, ni chien, ni chat nous était proposé. 😉 Le niveau de vie étant plus bas en Afrique qu’en France, nous avons pu profiter un maximum.  La présence du guide était essentielle. En effet, puisque notre peau est de couleur blanche, nous sommes appelés « yovos ». Les yovos sont vus comme des personnes riches et les prix sont donc gonflés. Il est donc essentiel de négocier. A titre d’exemple, le dernier weekend, nous n’avions pas de guide. Le propriétaire de notre hôtel nous suggère une visite en pirogue qui devrait nous coûter 2000 Francs CFA pour nous deux. Au premier lieu où nous nous rendons, après nous êtes faites « arnaquées » par le taxi, on nous propose une pirogue motorisée à 15 000 francs CFA. Sur le second lieu, on nous propose une pirogue « manuelle » à 10 000 qu’on arrive à baisser à 8 000 francs CFA. Arrivés à Togoville, nous devons payer un droit d’entrer et nous devons également payer un guide si nous souhaitons visiter car il n’y a aucune indication pour se repérer… au sein de la ville. Si ces méthodes sont compréhensibles ; il faut néanmoins y être préparé et avoir une certaine indulgence. En effet, il est difficile de se déplacer dans les différents lieus sans que les gens viennent à votre rencontre pour obtenir de l’argent ou vous vendre quelque chose.

Cela ne gâche rien… J’ai beaucoup apprécié cette expérience, faite de jolies rencontres… Le Togo est un beau pays malgré la pollution, riche de part sa culture… On s’y sent plus libre. J’ai beaucoup appris. Il est évident que trois semaines est une période un peu courte pour se rendre réellement compte de la réalité du pays mais il est certain que le retour fut difficile, avec une certaine nostalgie. Il m’arrive d’y penser encore souvent. Nous faisons parti d’un réseau social et recevons donc régulièrement des photos des enfants. Je ne sais pas si j’y retournerai un jour mais j’espère pouvoir retenter l’expérience. Selon d’autres modalités… Peut-être…
Angélique B.

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