Nous avons choisi la mission de kinésithérapie rattachée à la mission « Santé Publique et Soins Médicaux »  à Okhaldhunga pour une durée de 4 semaines. Dans ce rapport, nous parlerons de nos différentes missions :

∙ Physiothérapie / Ostéopathie

∙ Activités avec les enfants

∙ Mesure de la tension artérielle

Stage étudiant Physiothérapie — Ostéopathie à l’étranger :

Les séances d’ostéopathie ont été notre mission principale durant ce séjour. Au départ, nous avions prévu de faire des séances deux jours par semaine. En raison du grand nombre de demandes, nous sommes passés à quatre jours par semaine. Nous étions très heureux de pouvoir pratiquer plus que prévu ! En effet, sur 4 semaines, nous avons pu réaliser un total de 146 séances. C’est un nombre énorme et nous ne nous attendions pas à pouvoir faire autant. Cela a été possible grâce à la flexibilité à répondre aux demandes des communautés locales. 

La plupart des motifs de consultation étaient assez similaires. Dans un ordre décroissant, nous avons eu principalement : des douleurs aux genoux, des douleurs lombaires, des douleurs à l’épaule, des douleurs au coude, des douleurs au cou avec des maux de tête plus ou moins associés, des douleurs à la cheville, des problèmes digestifs, puis une gêne thoracique. Ces raisons et douleurs sont évidemment liées à leurs conditions de vie : beaucoup de marche et de travail manuel, port de charges lourdes…

Après un mois de présence, nous avons déjà des retours positifs sur notre pratique. En effet, plusieurs patients peuvent déjà ressentir les bienfaits de nos séances. C’est un point crucial, car il nous conforte dans l’idée que notre métier peut vraiment être utile dans ce type de mission. Nous attendons un retour dans plusieurs semaines, voire mois, pour avoir le ressenti définitif des communautés sur nos séances. Tout l’intérêt de notre première expérience est de pouvoir mettre en place un suivi sur le long terme. Il serait donc intéressant de faire un partenariat entre notre association et la coordination sur le terrain.  L’amélioration de la douleur et de la qualité de vie des patients permettrait de mettre en évidence les besoins des communautés, comme les Okhaldhunga, ainsi que de motiver les ostéopathes à faire des missions humanitaires. Nous saurons guider les jeunes recrues grâce à notre expérience et mettre en place une prise en charge durable.

Cette expérience nous a clairement sorti de notre zone de confort. En France, nous avons l’habitude des séances structurées avec un vrai dialogue : historique complet du motif de la consultation et des antécédents médicaux, explications sur la survenue de la douleur, puis notre analyse au cours de la séance, traitement et enfin conseils. Ici, malgré l’aide de volontaires népalais pour la traduction, la barrière de la langue ainsi que le souhait de s’occuper de suffisamment de personnes, ne nous permettent pas d’avoir toutes les informations. Nous avons donc dû nous adapter et faire confiance à nos mains. A chaque consultation, nous connaissions les zones douloureuses, comment les douleurs sont arrivées et les symptômes associés. Selon notre ressenti au fur et à mesure de la séance, nous avons essayé d’obtenir plus de détails.
De plus, nous avons vu des cas de patients que nous ne verrons pas en France, du fait de la différence de nos systèmes de soins. Par exemple, concernant la rééducation suite à une fracture, une chute ou une entorse ainsi que sur la prise en charge de certaines pathologies. Évidemment, nous savions que nos conditions de pratique seraient différentes. Cependant, nous avons su nous adapter afin d’être le plus efficace possible avec les patients. Dans l’ensemble, ce fut une expérience extrêmement enrichissante, tant d’un point de vue professionnel que personnel et humain.

→ Axes d’amélioration

Au fur et à mesure de notre séjour, nous nous rendons compte que certaines choses pourraient être mises en place et donc, améliorées. Ceci pour faciliter l’expérience des bénévoles ainsi que la compréhension des populations. Nous avons noté les points suivants :
Réaliser une affiche explicative sur le principe de notre métier, ce qu’il implique et quels effets le patient peut en attendre après une séance. Cette affiche devra être traduite en népalais et affichée à l’entrée des centres ou à côté du kinésithérapeute/ostéopathe. Cela nous éviterait de réexpliquer tout cela à chaque patient.

∙ Faire une liste, traduite en népalais, des mots clés les plus utilisés lors de nos consultations, pour pouvoir dialoguer davantage avec les patients.
∙ Un meilleur relais d’information entre la population et nous concernant les séances :

Insister auprès des patients sur le temps entre 2 consultations. Beaucoup d’entre eux sont revenus trop tôt par rapport au temps
cadre que nous avions défini. Ils pensaient que plus ils avaient de séances, mieux ils se sentiraient. Nous avons donc pensé qu’il serait utile d’avoir une rencontre entre le personnel, nous et les patients. Afin de faire de l’éducation thérapeutique, et ainsi leur permettre de mieux comprendre notre métier. Affiche dans les centres de santé avec nos jours de présence et horaires. En effet, nous avons remarqué quelques incompréhensions. Pour exemple, nous sommes venus un jour férié et les patients n’étaient pas au courant. Aussi, à plusieurs reprises, des patients sont venus et repartis sans avoir de séance, car il y avait trop d’attente.

→ Anecdotes

Une patiente avec une pathologie articulaire, incapable d’étirer ses doigts à cause de ses déformations. Elle était très émue (et moi aussi) à la fin de la séance, car elle pouvait enfin plier et déplier ses doigts, ce qu’elle a fait une dizaine de fois pour s’en rendre compte.

Un patient est revenu 3 jours après sa première séance pour une douleur au genou, pour nous dire qu’il était très content « de marcher aussi vite qu’une fusée ».

Activités avec les enfants :

Nous nous occupions des enfants tous les jeudis. Nous avions 2 objectifs lors de ces séances :

∙ La première était de faire des activités ludiques pour divertir les enfants tout en éveillant leurs sens.
∙ Le deuxième était d’introduire l’anglais pour les plus jeunes et d’améliorer leurs compétences pour les plus âgés.

Le premier jeudi, nous avons eu 42 enfants répartis en 3 groupes : 6-8 ans, 9-10 ans et 11-14 ans. Nous avons plus ou moins gardé ces groupes pendant le reste de la mission. En effet, cela se faisait selon les enfants présents ces jours-là.

⮚ Premier groupe (6-8 ans)

Nos activités étaient axées sur les bases de l’anglais.

1ère séance
– Présentation avec uniquement le nom/prénom
– Apprentissage des couleurs
– Jeu des couleurs : On nommait une couleur et les enfants devaient toucher cette couleur dans la pièce
– Apprendre des chiffres et des phrases pour dire son âge
– Dessin libre et interaction avec les couleurs choisies – Petite activité physique en fin de séance

2ème séance
– Revue des couleurs
– Apprentissage des fruits et légumes
– Dites une phrase pour décrire leurs fruits et légumes préférés
– Apprentissage des animaux
– Activité physique utilisant les signes caractéristiques des animaux vus précédemment

3ème séance
Nous avons regroupé, ce jour-là, les enfants du 1er et du 2ème groupe. Plusieurs mariages ont été célébrés dans les villages, il y avait donc quelques absents.
– Apprentissage et révision des parties du corps
– Danse avec les parties du corps
– Jeu « Simon dit »
– Activité de plein air
– Visionnage d’un film en anglais : Le Roi Lion

Deuxième groupe (9-10 ans)

Pour le deuxième groupe, nous avons pu faire des activités plus avancées car leur niveau d’anglais était meilleur.

1ère séance
– Présentation avec nom/prénom/âge
– Apprentissage des parties du corps avec différents jeux – Dessin du corps humain avec légendes
– Danse avec les parties du corps

2ème séance
– Révision des parties du corps et de la danse
– Apprendre/réviser les animaux, fruits et légumes – Phrases complètes sur leurs animaux, fruits et légumes préférés
– Jeu « Dessine un monstre » avec nos indications
– Dessin

3ème séance
Nous avons regroupé, ce jour-là, les enfants du 1er et du 2ème groupe. Plusieurs mariages ont été célébrés dans les villages, il y avait donc quelques absents.

⮚ Troisième groupe (11-14 ans)

Leur niveau de vocabulaire était plus développé. Nous avons donc adapté les activités.

1ère séance
– Présentation avec nom / prénom / âge / classe / plat préféré / fruit préféré / sa couleur préférée / son activité préférée / son futur métier
– Petite danse des enfants (car beaucoup d’entre eux aimaient danser)
– Jeu avec les lettres de l’alphabet : celui qui avait la balle devait dire un mot en anglais commençant par la lettre A puis lancer la balle à un autre enfant qui devait trouver un mot commençant par la lettre B…
– Jeu : dire un fruit/légume avec la première lettre de son nom – Pictionary en anglais et en équipe
– Dessin

2ème séance
– Test de vocabulaire avec un jeu de cartes représentant différents objets/animaux/fruits
– Jeu du pendu en anglais
– Écrire une histoire avec 4 cartes de jeu prédéfinies : en népalais puis en anglais, présentation de leurs histoires

3ème séance
– Chanson écrite et chantée par les enfants
– Origami : fleur et grenouille
– Echanger sur leurs impressions sur les activités menées lors des sessions passées

Dans certaines régions du Népal, on a signalé une augmentation de la tension artérielle au sein de la population. Cependant, il n’y a pas de données réelles pour confirmer cela dans les zones rurales. Afin de pouvoir constituer un dossier avec des données fiables, nous avons effectué des relevés de tension artérielle à différentes reprises au cours de notre mission. D’abord, dans plusieurs villages, puis lors de nos consultations ainsi que dans des maisons autour des postes de santé.

Dès que nous constations une hypertension artérielle, nous conseillions aux patients de consulter un médecin puis nous leur donnions des conseils pour limiter leur tension artérielle (activité physique, réduction de sel). Il y a quelques mois, d’autres volontaires avaient déjà collecté quelques données. Entre leur travail et le nôtre, nous avons recueilli près de 500 données sur la tension artérielle. Cela nous a permis de faire un fichier excel avec des statistiques : globales, puis par groupe (sexe/âge). Ils nous permettront d’avoir une vision analytique sur le taux d’hypertension pour une partie des communautés de la région d’Okhaldhunga. Le but est d’arriver à une meilleure prise en charge de cette pathologie. Cela se fait par différents moyens :

∙ Prévention : éducation thérapeutique avec une prise de conscience des risques d’hypertension et donc des conseils hygiéniques et diététiques à mettre en place.

∙ Traitement : importance du traitement et de la fourniture de médicaments aux patients qui en ont besoin.
Nous avons été ravis de nous impliquer dans ce type de mission, et nous espérons, participer à l’amélioration du système médical.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *