Mme Véronique Riotton, Présidente du Groupe d’Amitié France-Népal à l’Assemblée Nationale Française depuis 2017, a récemment fait une visite de six jours au Népal. Elle était accompagnée de Mr Nicolas Forissier et Mme Graziella Melchior (Vices Président.e.s). Mme Riotton s’est spécialisée dans la gestion des ressources humaines et exerce dans ce milieu depuis une vingtaine d’années. Elle travaille avec les associations opérant dans les secteurs du développement durable, de l’éducation, du sport et du social. En France, Mme Riotton est membre du Parlement (députée de Haute-Savoie) sous la bannière du Président de la République Emmanuel Macron (LREM). Le 11 Mars 2022, Mme Riotton a accepté une interview avec New Spotlight Magazine à l’Ambassade Française de Katmandou pour expliquer le but de ce voyage et les évènements qui ont eu lieu pendant les réunions. Extraits :

Comment envisagez-vous les relations France-Népal ?

Depuis l’inauguration des relations diplomatiques en 1949 entre la France et le Népal, les deux pays ont maintenu des relations bilatérales cordiales. Depuis 73 ans maintenant, on a profité d’une amitié exemplaire.

Comment considérez-vous vos réunions avec les hauts dignitaires du Népal ?

Nos rendez-vous avec la Présidente, le Premier Ministre, le Président du Groupe Inter-parlementaire France-Népal (Mr Madhav Kumar Nepal) et les autres leaders politiques ont été excellents.

Quelles sont vos impressions après avoir rencontré les membres du Groupe d’Amitié ?

Mon rendez-vous avec le Président [du Groupe d’Amitié] est d’abord venu d’une volonté d’aide, du désir de me mettre aux services de la communauté Népalaise. J’ai réalisé que le milieu associatif était très organisé et qu’il n’avait pas besoin de nous. Alors je me suis demandée « A quel endroit est-ce que je peux être utile ? » et j’ai donc choisi les relations diplomatiques entre les deux pays. Mon rôle à moi est de nouer des relations diplomatiques parlementaires, et je pense que la diplomatie parlementaire a toute sa place. Au Népal, notre voyage était attendu. Mais pour aller au-delà des relations évidentes, il faut trouver des sujets de travail.

Vous avez créé plusieurs lois en France par rapport au Développement Durable (Anti-Gaspillage et institution d’une Économie Circulaire avec la loi AGEC, réformer les rénovations énergétiques avec la loi Élan, favoriser l’éco-conception avec la loi Climat). Vous êtes aussi membre du Comité pour le Développement Durable à l’Assemblée Nationale Française.

 

Qu’avez-vous pensé du Népal pour ce qui est du Développement Durable ?

On a discuté du développement des transports et de l’énergie hydroélectrique au Népal, mais honnêtement, j’ai été impressionnée par la difficulté de la collecte des déchets à Katmandou, et j’espère trouver de nouvelles méthodes pour sortir [le Népal] de l’ère du plastique. Je pense qu’il faut aussi se pencher sur la rénovation énergétique des bâtiments, par exemple avec le double-vitrage.

En 2019, vous faisiez mention d’un projet de téléphérique à Katmandou, dans le but d’alléger le trafic, est-ce toujours d’actualité ?

 Il y avait en fait trois projets : le lancement d’un satellite de télécommunication, la sécurité de la presse écrite et le téléphérique. Pour ce dernier projet, on espérait que l’entreprise française POMA puisse participer mais il semblerait que le projet ait été remplacé par l’idée de l’installation d’un métro par appel d’offre.

Quels autres sujets ont été abordés ?

La situation du Covid-19 n’a été que très peu évoquée, la Présidente a seulement fait allusion à la peur d’une quatrième vague. En revanche, nous avons parlé du fait que le Parlement Népalais est un peu bloqué avec le MCC actuellement. On a donc évoqué la place du Parlement, qui doit en effet prendre toute sa place !

La représentation des femmes est un sujet qui, il semblerait, vous tient particulièrement à cœur puisque vous êtes membre du Bureau des Femmes de l’Union Inter-parlementaire et que vous promouvez publiquement la place des femmes en politique. Que pensez-vous du Népal à ce sujet ?

 

Je pense que la loi demandant 33 % de femmes dans les assemblées parlementaires au niveau national amenée avec la Constitution de 2015 a aidé, et chacun s’accordait à dire [dans les réunions] que la place des femmes existait mais personnellement j’ai trouvé cela décevant. Nous avons parlé de la représentation des femmes et du système de castes, qui sont des sujets qui m’animent particulièrement, en tant qu’Européenne. Mais mon seul message vers les femmes c’est de dire que le quota est un premier pas mais que ça ne suffit pas. Il faut continuer la croissance de l’éducation des femmes et créer des réseaux de femmes.

Dans l’ensemble, qu’avez-vous pensé de votre visite au Népal ?

 

Les réunions étaient très riches  et j’ai senti beaucoup d’honneur, une écoute attentive, et une chaleur dans les relations avec le peuple Népalais. J’ai été accueillie au sens propre, et après ma mission officielle, je vais prendre un peu de temps pour visiter correctement et découvrir un peu mieux le Népal.

 

Comme votre voyage touche à sa fin, comment estimez-vous la réussite de la visite de votre délégation au Népal ?

Après avoir discuté avec les hauts-dignitaires et les femmes parlementaires, il est clair que le Népal a fait des progrès au sujet de l’émancipation des femmes et de leur participation à la vie politique du Népal. Les obligations constitutionnelles liées à la loi de la Constitution de 2015 ont apporté quelques réserves aux femmes. Néanmoins, ce n’est pas assez pour vraiment provoquer un changement. Beaucoup de femmes qui avaient au départ rejoint les rangs de la politique ont démissionné à cause du manque d’opportunités. Par exemple, une femme appréciée, candidate à la Mairie de Katmandou, serait apparemment en train de prendre sa retraite de la vie politique. Après avoir rencontré plusieurs femmes leaders et activistes, on en est arrivé.e.s à la conclusion qu’il y a encore beaucoup de barrières en politique pour les femmes.

Vous ne pensez pas que les interventions récentes au Népal apportent du changement ?

C’est bien de voir que les lois dans la Constitution changent, mais le Népal a besoin de changer son état d’esprit et ses valeurs. On espère que les choses vont s’améliorer pour les politiciennes au Népal. Les gens ont besoin de réaliser que nous sommes égaux.ales.

Le Népal a voté contre l’invasion de l’Ukraine à l’ONU et appelle la Russie à reconnaître la souveraineté, l’intégrité et l’indépendance de l’Ukraine. Pendant les réunions avec les délégations Népalaises, avez-vous parlé de cette situation ?

Le peuple français et le Parlement soutiennent le gouvernement Français qui a demandé à la Russie de stopper la guerre contre l’Ukraine et d’instaurer immédiatement un cessez-le-feu. Le cessez-le-feu est nécessaire pour améliorer la situation humanitaire en Ukraine. Comme c’est un problème général, les leaders Népalais ont aussi soutenu que la fin de la guerre en Ukraine est obligatoire.

La situation en Europe est instable avec la récente invasion de l’Ukraine, quels sont les propos du Gouvernement sur ce qui se déroule ?

Le gouvernement Français condamne cette invasion, et nous savons qu’il y aura un impact économique et, bien sûr, des conséquences sociales. Malgré ces conséquences, la France a la volonté d’accueillir les réfugié.e.s Ukrainien.ne.s. Peu importe les implications sur le plan économique, nous soutiendrons les secteurs en difficulté financière pour maintenir les sanctions économiques contre la Russie.

 

Spotlight Magazine

Fanny Jonckeau

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